Nature et Liberté

19 janvier, 2008

ocean1.jpg  Envie de me perdre dans l’océan et sentir la rage des vagues, écrasées sur mon corps luttant. Sentiment de puissance éternelle à se battre seul, nu comme au premier jour, contre les flots déchaînés qui dévorent ma peau. Fouler l’herbe tendre, noyée de rosée et humer l’odeur forte de la terre exsudant ses vapeurs suffocantes , tel un monstre qui s’éveille.

Traînant ma condition, j’écorcherai chaque parcelle de nature pour mieux y exister. Exister sans le regard de l’autre, exister sans n’avoir d’autres buts que la survie de cette existence. Libéré de mes chaînes forgées du sang de nos destins croisés, je me confondrai avec le vent pour mieux vous fuire. Conscient de n’exister que par, et dans la Nature, en voyageur-vagabond, j’errerai dans son coeur. Tantôt proie, tantôt prédateur, toujours exposé et sans artifices aucun, serai-je libre?

La liberté dans la solitude et la lourdeur de mon être, dans l’absence de l’autre, dans l’amour du ciel auquel j’aspire, cette liberté là, serait-elle absolue? La jouissance de cet état serait-elle complète sans partage avec l’autre?

Pour goûter au bonheur de cette liberté, il me faudrait apprécier la beauté du soleil se levant derrière un nuage, la beauté de la plaine qui s’éveille dans son écrin émeraude, la beauté des montagnes puissantes et seules sous leur manteau de neige, la beauté de la Terre et du Ciel. Si le beau dès lors qu’il conduit au ravissement, peut nous plonger dans l’ivresse du bonheur, je pourrai vivre seul, libre et heureux. Ainsi je serai rassasié tout en ayant faim de nouvelles aventures, car ma quête de la contemplation de l’Oeuvre serait une lutte continuelle pour vivre en homme libre.

Et quand viendra la Faucheuse, je l’enlacerai comme une vieille amie, et dans sa gueule ouverte, dans un ultime baiser, je viderai ma vie de sa substance avec le sentiment indestructible de m’être libéré.


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