Into The Wild

2 février, 2008

215742926_53384efde5_m.jpg     “On passe toute sa vie à chercher une vérité qui nous torture, sans savoir qu’une fois confronté à sa lumière, la route ne fait que s’ouvrir à soi”. Haffid Aggoune

Qui n’a jamais éprouvé la tentation du départ? L’envie irrésistible, universelle, atemporelle, viscérale de s’en aller, de s’exiler dans une grande aventure vers SOI? L’envie d’imiter Jason, Ulysse ou Alexandre et de mettre les voiles, de se jeter à corps perdu dans une quête où le Graal reste l’Inconnu.

“Into The Wild” a complètement bouleversé le temps d’une projection, dans une grande salle bien commerciale, l’ordre que je m’étais imposé. En effet, dans cette salle trop rouge, où tout les yeux en larmes restaient figés sur ce chef d’oeuvre époustouflant, se jouait le plus tenace de mes fantasmes: PARTIR.

Pour Christopher (Emile Hirsch), 22 ans et brillant étudiant, la fuite était essentielle car elle s’imposait comme le seul remède à ses plaies grandes ouvertes. Partir et mourir libre, ou rester et mourir étouffé et rongé par les stigmates vifs d’une enfance entâchée de conflits anxiogènes; tel était le choix qui s’offrait à lui. Bien sûr il y avait Harvard, bien sûr il y avait sa soeur, bien sûr il y avait une voie bien tracée mais qu’il n’aurait pas choisie. Notre effronté décide alors de tourner le dos à ce chemin et de construire sa propre Histoire. Il décide de tout plaquer et se fixe comme destination, comme terre promise, l’Alaska. Qu’espère t-il y trouver? Peut-être la paix, la réconciliation tant cherchée avec l’autre moitié de son être, celle qui croule sous les cadavres de souvenirs trop lourds à porter.

Dans cette quête frénétique de Nature et de Vérité, il part à la rencontre du monde, le Monde originel, le Monde sans artifices, le Monde comme au Commencement. Devant ses yeux emmerveillés se dévoile l’Essence d’une vie, et il semble alors bien plus près du Divin que n’importe quel dévôt, à barbe ou à soutane, prostré dans la contemplation d’une abstraction dont ils n’effleureront jamais la substance, la vraie nature.

Dans cette marche initiatique, il rencontre sa vraie famille, des voyageurs-vagabonds qui, comme lui, ont tous une bonne raison de partir, un démon à fuire. Il fait de ces disciples des terres d’escales et jette l’ancre dans chacun de leur coeur, sans jamais y trouver sa Terre Natale, celle qui lui rendrait son unité.

En extrémiste solitaire, il poursuit inexorablement sa course vers son maillon égaré, vers sa liberté, dût-il y trouver la Mort.

Filmant des décors majestueux, accompagnés d’une musique catapultant chacune de nos émotions à son paroxysme, Sean Penn nous livre une fresque ô combien philosophique. Chaque expérience vécue par Christopher nous pousse à nous poser les vraies questions et la bataille engagée dans notre âme, tiraillée entre folie et raison, est violente. Peut on vivre sans l’Autre? Le bonheur sans le partage existe-t-il? Peut on devenir libre?… Autant de questions qui jettent les bases d’une grande réflexion sur nos actions, nos choix et, (clin d’oeil à une amie-philosophe qui se reconnaîtra), notre identité profonde.

Into the Wild, est le testament d’un illuminé comme il en existe une fois par siècle, un oiseau rare qui a su, au bout du chemin, refermer ses plaies, retrouver son unité et gagner sa liberté.

Into the Wild est inspiré d’une histoire vraie. 

3 réponses vers “Into The Wild”

  1. identites a dit

    Dommage qu’il n’y ait pas de cinéma à Dakar… Ton article me donne encore plus envie de voir ce road moovie.
    Et me fait penser à une des phrases cultes de Jack Kerouac ( On the Road) :
    “Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare.”
    Cette phrase résume tout : la nécessité de partir et la conviction d’y trouver quelque chose qu’ici et maintenant nous refuse tjrs…

  2. Ulysse a dit

    Dakar manque cruellement d’un cinéma.
    Quoi de mieux qu’un bon film sur un écran gigantesque pour alimenter l’esprit, lâcher prise et s’évader deux bonnes heures!

  3. identites a dit

    Je sors du cinéma… Pas de mots… Juste les yeux qui bavent et le coeur qui tambourine… A voir et à revoir, avant le grand voyage………

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