26 ans…
15 juin, 2008
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Éteindre les lueurs du Passé…
Étreindre sa double vie le temps d’une chanson, pour goûter à la nostalgie de ce qui ne sera jamais.
Élargir son enveloppe le temps de quelques notes, et dire au revoir à tout ce que l’on a effleuré par rêve ou désir, pleurer sur les cendres de nos choix incendiés.
Le temps d’une mélodie, enfouir tous nos cadavres profondément et sentir une dernière fois la forte odeur de nos tentations, pour n’en garder que le parfum.
…Puis se retourner lentement et marcher…
Sans pleurer ou se morfondre, sans regretter. Être sourd aux supplications de nos démons intérieurs. Assumer l’homicide de nos ombres, le goût âpre de nos abandons.
Effacer nos traces sous un manteau de lumière glauque et derrière nos joies improvisées, cacher nos craintes et nos passions, immondices infectes des spectres du Passé.
S’offrir à la route, sans s’en détourner car la voie est tracée. La voie tranquille et hypocrite des sentiments livides, des amours aquarelles, des discrètes incartades. Choisir la monotonie de l’existence, au risque d’y trouver le bonheur et d’en souffrir.
Apprendre à sourire, apprendre à y croire, apprendre à se prendre au jeu et se targuer d’être heureux, en être convaincu.
Se farder d’apparats futiles, et admirer son image, se complaire dans la contemplation du formidable produit de notre création.
Se construire et devenir un dieu, créer. Créer du rêve, du fric, des bulles pour noyer un peu plus sa liberté et s’acheter une conscience indulgente.
Oublier l’enfant que l’on a été, acheter un nouvel individu, en pièces détachées et l’assembler, le modeler à l’image des images, des icônes, des désirs empruntés, de toutes ces vies volées.
…Avancer, toujours. Sans se retourner…
Jeter des larmes amères sur nos candeurs passées, laissées derrière. Refermer le cercueil de nos frustrations.
Perdre son innocence, la torturer, la sacrifier, la décapiter et cracher ses tripes sur la tombe des illusions perdues.
Mâcher le vent de l’absurde à pleines dents et croquer la vacuité de ces âmes automates, qui gravitent dans nos sphères.
Se transformer, changer et se perdre. S’oublier et mirer son reflet inconnu. Se déshumaniser.
…S’efforcer d’être comme tout le monde, pour ne devenir personne.
waouaw
Je decouvre ton texte avec quelques mois de retard mais qui me laisse sans voix. Pourquoi tant de frustration et de refoulement? qu’est ce qui t’oblige à être un autre que toi même?
Ton texte m’a stupéfaite. Je ne pensais pas que l’on puisse passer aussi loin de soi même mais être encore assez lucide pour se regarder s’échapper à soi même.
Ca fait bien longtemps quun texte n’a pas eu autant d’échos en moi, peut être car en te lisant j’ai cru y reconnaitre le personnage de mon livre… shall we talk about this?
Franchement, J’ai dû écrire ce texte en 5 minutes le soir de mes 26 ans après avoir écouter …Chasing cars de snow patrol
J’ai été assez stupéfait moi même du résultat car je ne m’y attendais pas…une psychothérapie accélérée??
Je ne sais pas si le texte exprime le fait que je passe à côté de moi même. En l’écrivant je pensais surtout à enterrer tout ce que j’aurais pu être…pour ne garder qu’une seule de ces images.
Ca a l’air assez schizo comme ça but of course we shall talk about this, however; I can only be myself when I write, not when I talk