Souvenirs D’Afrique
Se souvenir de ce souffle tiède et salé
Des aubes sableuses entre mer et desert,
Des sonates marines aux rivages offerts,
Terres promises aux prophètes exilés !
Se souvenir d’enfants se gavant de bonheur,
Dans les ruelles sales à la peau ravagée
De morsures plastiques et ferrailles animées,
Sous un miroir trompeur aux reflets bleu-menteur.
Se souvenir de couleurs aux tons audacieux,
Comme milles arc-en-ciel joignant les minarets,
Chiquenaudes agacantes sur fond noir de jais
Pétillent sous ondées de rayons poussiereux.
Se souvenir d’yeux aveuglés par le chagrin
Murés dans un passé, aquarelle sous pluie
Où seul l’éclair furtif déchire les pupilles,
Gravant l’épitaphe dans ces regards éteints
C’ est une Vérité que n’accablent les heures:
Si Sel est bon à la bouche, il l’est moins au cœur !
Balcons Africains
Ouvertures célestes sur les danses altières
De quelques dieux ailés décrivant l’Univers
Dans ces nuages d’asphalte, aux larmes amères
Fruits de l’étreinte intense du Soleil à la Mer.
Oreilles attentives aux chants des mosquées,
Sur votre peau marbrée, reflet de galaxie,
Allah grave ses versets à l’encre alizé,
Et la moiteur du monde sur vos lèvres flétries.
Balcons africains ou nefs égarées, nul ne sait.
Car vos murs ocre aux regards muets,
Gardent le secret de ces heures oubliées,
Ou l’Homme contemple son mirage:
L’éternité.
Baobabs
Sous un ciel vide, encrier millénaire,
Ils survivent par un fiel étoilé.
Enracinés dans une aride Terre,
On entend parfois leurs feuilles nous raconter :
Ils sont les témoins d’un passé délavé,
Griots muets à la langue tranchée
Sifflant des te deum à notre Mère sacrée
Épilogues d’une histoire, prologue d’ humanité.
Sur leur plaine, vaste peau écaillée,
Les voilà qui se hissent, Fantassins des mémoires,
Et dans le crépuscule, ils défient le Soleil,
De leurs branches tordues comme les doigts du vieillard.
Les âges suintent par leur écorce ridée,
A l’ombre de leur tronc gisent les souvenirs
D’empires et de sorciers, de glaives et de laurier,
Et Leurs fleurs pleurent encore esclaves et martyrs.
Sous une lune pâle, glissant dans leur feuillage,
Des spectres du Passé viennent parfois s’agiter.
Effrayant l’insensé et invitant le sage
Aux légendes perdues que le Vent sait conter.
Baobabs immuables et témoins taciturnes
Initiez nous à l’art de l’immortalité;
Que nos doigts deviennent branches et notre peau écorce,
Pour fièrement nous dresser face à l’éternité.
Afrique Résurrection
Me voilà au commencement de Tout,
Au cœur de ma vie ou se noie le Passé.
Me voilà à contre courant, la main dans le néant.
Le pied dans la course frénétique aux pages vierges.
J’essaye de souiller le papier monotone avec le cri des mots
Qu ils s’enfouissent dans la chair de l’Afrique !
Afrique, belle amante au visage lacéré,
Donne moi encore le sein
Ton sein noir et lourd de famines
Ton lait âpre et rouge est un poison vital.
Mourrons ensemble comme Mère et Fils!
Qu’importe tes Soleils, Ils ne brillent plus pour toi !
Gardiens des étoiles qui guident ton sépulcre.
La Nuit pour châtiment est un long calvaire.
N’aie crainte cher Christ, Je te veille jusqu’à l’ aube:
Ton jour aussi viendra !
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